Texte principal : Genèse 2–3
Chers frères et sœurs,
Aujourd’hui, nous allons méditer sur l’un des récits les plus connus de la Bible : l’histoire d’Adam et Ève.
Même une personne qui n’a jamais lu la Bible a probablement entendu parler du jardin d’Éden, du serpent, de l’arbre et du fruit défendu.
Mais derrière cette histoire ancienne se trouvent des questions qui sont toujours actuelles :
Pourquoi sommes-nous ici ?
Pourquoi Dieu nous donne-t-il des limites ?
Pourquoi faisons-nous parfois ce que nous savons être mauvais ?
Pourquoi avons-nous honte de certaines choses ?
Pourquoi cherchons-nous à nous cacher lorsque nous avons mal agi ?
Pourquoi le monde connaît-il la souffrance et la mort ?
Et surtout : après avoir désobéi à Dieu, est-il encore possible de revenir vers lui ?
Le récit d’Adam et Ève nous invite à réfléchir à toutes ces questions.
Il ne s’agit pas seulement d’une histoire qui parle de deux personnes dans un jardin.
C’est aussi une histoire qui nous parle de nous.
Au commencement, la vie est un cadeau
Le récit commence avec Dieu qui crée l’être humain.
Adam est placé dans le jardin d’Éden.
Le jardin représente un lieu de vie, d’abondance, de beauté et de communion.
L’être humain reçoit la nourriture dont il a besoin.
Il reçoit un travail.
Il reçoit une responsabilité.
Il reçoit une relation.
Et surtout, il reçoit la vie comme un don.
C’est une première vérité importante :
Avant de parler de faute, la Bible parle de bonté.
Avant que l’être humain désobéisse, Dieu lui donne.
Avant que l’être humain se cache, Dieu lui offre sa présence.
Avant que la honte apparaisse, l’être humain possède une dignité.
Nous avons parfois tendance à commencer notre réflexion sur l’humanité en disant :
« L’homme est mauvais. »
Mais le récit biblique commence autrement.
L’être humain est une créature voulue par Dieu.
La vie est un cadeau.
Le monde est un cadeau.
Notre corps est un cadeau.
Nos capacités sont des cadeaux.
Nos relations sont des cadeaux.
Et lorsque nous comprenons que nous avons reçu des cadeaux, nous comprenons aussi que nous avons des responsabilités.
Ce que Dieu nous donne n’est pas seulement quelque chose à consommer.
C’est quelque chose à garder, à cultiver et à transmettre.
Adam reçoit une responsabilité
Dieu place Adam dans le jardin pour le cultiver et le garder.
Cela signifie que l’être humain n’est pas appelé à simplement profiter de la création.
Il doit en prendre soin.
Cette idée est importante pour notre vie quotidienne.
Notre famille est une responsabilité.
Nos enfants sont une responsabilité.
Notre travail est une responsabilité.
Nos talents sont une responsabilité.
Nos relations sont une responsabilité.
Même notre environnement est une responsabilité.
La foi biblique ne nous enseigne pas seulement à demander :
« Qu’est-ce que Dieu peut me donner ? »
Elle nous apprend aussi à demander :
« Qu’est-ce que Dieu m’a confié ? »
Il existe une grande différence entre posséder quelque chose et en être responsable.
Nous pouvons avoir beaucoup de choses et pourtant ne pas savoir les gérer.
Adam reçoit un jardin, mais il reçoit également une mission.
La liberté a besoin d'une limite
Dieu permet à Adam de manger des arbres du jardin.
Mais un arbre fait exception : l’arbre de la connaissance du bien et du mal.
Dieu donne donc une limite.
Pourquoi ?
Parce que la liberté ne signifie pas :
« Je peux faire absolument tout ce que je veux. »
La véritable liberté comprend aussi la capacité de choisir le bien.
Un être humain libre doit pouvoir dire oui.
Mais il doit également pouvoir dire non.
Sans limite, le désir devient facilement un maître.
Imaginez quelqu’un qui dit :
« Je veux manger tout ce que je vois. »
« Je veux posséder tout ce que je vois. »
« Je veux prendre tout ce que je veux. »
« Je veux faire tout ce qui me plaît. »
Est-ce vraiment la liberté ?
Non.
Une personne peut être tellement dominée par ses désirs qu’elle devient moins libre.
La limite peut donc être une protection.
Le commandement de Dieu rappelle à Adam :
« Tu es une créature. Tu n’es pas Dieu. »
C’est une vérité fondamentale.
Nous ne savons pas tout.
Nous ne contrôlons pas tout.
Nous ne voyons pas toutes les conséquences de nos décisions.
Nous avons besoin d’apprendre à faire confiance à Dieu.
Le serpent et la question de la confiance
Puis apparaît le serpent.
La première chose qu’il fait est remarquable.
Il ne commence pas nécessairement par dire :
« Fais quelque chose de terrible. »
Il commence par poser une question sur la parole de Dieu.
En substance :
« Dieu a-t-il vraiment dit cela ? »
C’est ainsi que fonctionne souvent la tentation.
Elle commence par semer le doute.
« Dieu veut-il vraiment ton bien ? »
« Pourquoi Dieu t’interdit-il cela ? »
« Est-ce vraiment si grave ? »
« Tu pourrais décider toi-même. »
« Tu n’as pas besoin de faire confiance à quelqu’un d’autre. »
La tentation cherche donc à modifier notre perception de Dieu.
Si nous croyons que Dieu est bon, nous pouvons accepter ses limites même lorsque nous ne les comprenons pas entièrement.
Mais si nous commençons à croire que Dieu cherche à nous priver de quelque chose de bon, alors son commandement nous paraît injuste.
Le problème devient alors plus profond qu’un simple fruit.
La question devient :
« Puis-je faire confiance à Dieu ? »
Le désir grandit
Ève regarde l’arbre.
Elle voit que le fruit est bon à manger.
Elle voit qu’il est agréable à regarder.
Elle pense qu’il peut donner de la connaissance.
Nous voyons ici un processus très humain.
Nous regardons.
Nous désirons.
Nous imaginons.
Nous justifions.
Puis nous agissons.
Très souvent, la chute commence dans le cœur avant d'apparaître dans nos actions.
Une personne peut commencer à désirer quelque chose qu’elle sait ne pas devoir prendre.
Puis elle commence à construire des arguments.
« Ce n’est pas vraiment mauvais. »
« Je le mérite. »
« Personne ne le saura. »
« Je peux m’arrêter quand je veux. »
« Ce n’est qu’une fois. »
La tentation devient dangereuse lorsque nous cessons de l’appeler tentation.
Nous commençons à l’appeler :
« une bonne occasion »,
« une nécessité »,
« mon droit »,
ou simplement :
« ce que je veux ».
Adam et Ève choisissent
Ève prend le fruit.
Elle mange.
Elle en donne à Adam.
Et il mange également.
Il est important de ne pas raconter cette histoire comme si toute la responsabilité appartenait à Ève.
Adam est lui aussi responsable de son choix.
Cela nous enseigne quelque chose d’essentiel :
nous devons assumer nos propres décisions.
Lorsque quelque chose va mal, nous cherchons souvent quelqu’un à blâmer.
« C’est sa faute. »
« C’est à cause de mes parents. »
« C’est à cause de mon environnement. »
« C’est à cause de cette personne. »
« Je n’avais pas le choix. »
Nos circonstances peuvent certainement influencer nos décisions.
Notre passé peut nous avoir blessés.
D’autres personnes peuvent nous avoir fait du mal.
Mais la maturité spirituelle commence lorsque nous pouvons aussi dire :
« Voici ma part de responsabilité. »
Adam et Ève vont bientôt essayer de déplacer la responsabilité.
Mais Dieu les amène à regarder ce qui s’est réellement passé.
Leurs yeux s’ouvrent
Après avoir mangé, leurs yeux s’ouvrent.
Mais ils découvrent quelque chose qu’ils n’avaient pas ressenti auparavant :
la honte.
Ils découvrent qu’ils sont nus.
Avant, leur nudité ne produisait pas de honte.
Maintenant, ils veulent se cacher.
C’est l’une des conséquences les plus profondes du péché :
il brise la confiance.
La personne qui vivait ouvertement commence à se cacher.
Et cela se produit encore aujourd’hui.
Nous cachons nos erreurs.
Nous cachons nos faiblesses.
Nous cachons nos blessures.
Nous cachons nos peurs.
Nous cachons certaines décisions.
Nous pouvons même essayer de nous cacher de Dieu.
Mais il existe un problème :
nous pouvons nous cacher des autres, mais nous ne pouvons pas nous cacher de Dieu.
Dieu connaît déjà la vérité.
Et pourtant, il vient vers l'être humain.
« Où es-tu ? »
C’est probablement l’une des questions les plus puissantes du récit.
Dieu demande :
« Où es-tu ? »
Dieu sait où se trouve Adam.
Il ne demande pas cette question parce qu’il ne sait pas dans quel endroit du jardin il se trouve.
La question est beaucoup plus profonde.
Elle pourrait être entendue ainsi :
« Adam, où en es-tu maintenant ? »
« Qu’est-ce qui s’est passé ? »
« Pourquoi te caches-tu ? »
« Pourquoi as-tu peur ? »
« Où en es-tu dans ta relation avec moi ? »
Et cette question peut devenir une question pour chacun de nous.
Où es-tu ?
Peut-être es-tu proche de Dieu.
Peut-être es-tu loin.
Peut-être es-tu perdu.
Peut-être es-tu blessé.
Peut-être portes-tu une culpabilité que personne ne connaît.
Peut-être fais-tu semblant que tout va bien.
Peut-être que tu te caches derrière ton travail.
Derrière ton argent.
Derrière ta réputation.
Derrière ta religion.
Derrière ton sourire.
Mais Dieu demande :
« Où es-tu ? »
La peur entre dans la relation
Adam répond qu’il a eu peur.
Regardez le changement.
Avant, il pouvait être dans le jardin sans chercher à se cacher.
Maintenant, il a peur de Dieu.
Le péché a donc produit une rupture dans la relation.
C’est quelque chose que nous devons comprendre.
Le péché n’est pas simplement une liste de règles violées.
Il détruit aussi la relation.
Il détruit la confiance.
Il crée de la distance.
Il produit de la honte.
Il produit la peur.
Il pousse l’être humain à se cacher.
Mais Dieu ne disparaît pas.
Dieu continue de parler.
Les excuses commencent
Dieu demande à Adam ce qui s’est passé.
Adam répond en désignant Ève.
En substance :
« C’est la femme que tu m’as donnée. »
Remarquez quelque chose de subtil.
Adam ne dit pas simplement :
« J’ai désobéi. »
Il explique.
Il accuse.
Et même Dieu se trouve indirectement impliqué :
« La femme que tu m’as donnée... »
Ève fait ensuite la même chose avec le serpent.
Le serpent m’a trompée.
Nous connaissons très bien ce comportement.
Quand nous faisons quelque chose de mauvais, nous cherchons souvent une explication qui nous rend moins responsables.
Mais il existe une grande différence entre expliquer et excuser.
Comprendre pourquoi nous avons fait quelque chose peut être utile.
Mais comprendre n’est pas toujours la même chose que justifier.
Le véritable changement commence lorsque nous pouvons dire :
« J’ai fait cela. C’était mauvais. Je dois changer. »
La responsabilité personnelle
La Bible nous enseigne à prendre au sérieux nos choix.
Cela ne signifie pas que toutes les situations sont simples.
Cela ne signifie pas que toutes les personnes sont coupables de la même manière.
Cela ne signifie pas non plus que les blessures du passé n’ont aucune importance.
Mais cela signifie que nous devons apprendre à répondre à Dieu personnellement.
Un jour, chacun doit pouvoir dire :
« Voici ce que j’ai fait de la vie que Dieu m’a donnée. »
Nous ne pouvons pas vivre éternellement en disant :
« C’est quelqu’un d’autre qui a choisi pour moi. »
La responsabilité est difficile.
Mais elle est aussi libératrice.
Car si je peux reconnaître ma part, je peux aussi commencer à la changer.
Le jugement de Dieu
Après la désobéissance viennent les conséquences.
La terre devient difficile à travailler.
La souffrance apparaît dans l'expérience humaine.
Le travail devient pénible.
La vie devient fragile.
La mort devient une réalité.
Le jardin n'est plus le lieu où ils peuvent continuer à vivre comme avant.
Il faut prendre cette partie du récit au sérieux.
Dieu est miséricordieux, mais la miséricorde ne signifie pas que les actes n'ont aucune conséquence.
Nous pouvons demander pardon à quelqu'un et pourtant devoir réparer les dommages causés.
Nous pouvons regretter une parole et pourtant avoir blessé quelqu'un.
Nous pouvons nous repentir d'une mauvaise décision et pourtant devoir vivre avec certaines conséquences.
Le pardon ne rend pas le passé irréel.
Mais il peut empêcher le passé de devenir notre avenir définitif.
Dieu n’abandonne pas l’humanité
C’est ici que nous devons faire très attention.
Le récit ne dit pas simplement :
« L’être humain a péché, alors Dieu l’a abandonné pour toujours. »
Non.
L’histoire continue.
Dieu continue de parler.
Dieu continue d’appeler.
Dieu continue de guider.
Dieu continue de corriger.
Dieu continue de faire miséricorde.
Toute la Bible va développer cette relation entre Dieu et l’humanité.
L’être humain s’éloigne.
Dieu appelle.
L’être humain tombe.
Dieu enseigne.
L’être humain se repent.
Dieu pardonne.
L’être humain recommence.
Et parfois il retombe.
La Bible ne cache pas cette réalité.
Elle nous montre une humanité imparfaite qui apprend progressivement à marcher avec Dieu.
La différence entre culpabilité et honte
Il est important de distinguer deux choses.
La culpabilité peut dire :
« J’ai fait quelque chose de mauvais. »
La honte peut dire :
« Je suis entièrement mauvais. Il n’y a plus aucun espoir pour moi. »
La culpabilité peut nous conduire à reconnaître notre faute.
La honte peut nous pousser à nous cacher.
Le récit d’Adam et Ève nous montre le mouvement vers la honte :
ils découvrent leur nudité,
ils se couvrent,
ils se cachent,
ils ont peur.
Mais Dieu vient les chercher.
Cela nous enseigne que lorsque nous avons mal agi, la bonne réponse n’est pas nécessairement de fuir Dieu.
C’est peut-être précisément le moment où nous devons nous tourner vers lui.
Nous pouvons dire :
« Dieu, j’ai fait cela. »
« J’ai menti. »
« J’ai blessé cette personne. »
« J’ai laissé mon orgueil gouverner ma vie. »
« J’ai choisi mon désir plutôt que le bien. »
« J’ai besoin de changer. »
Une telle honnêteté peut être le commencement de la guérison.
Le repentir
Le repentir est un thème central de la Bible.
Se repentir ne signifie pas simplement être triste.
On peut être triste et continuer exactement de la même manière.
Le repentir signifie changer de direction.
C’est reconnaître :
« Je suivais un mauvais chemin. Je dois revenir. »
Cela implique l’humilité.
Cela implique la vérité.
Cela implique parfois de demander pardon à Dieu.
Mais cela implique aussi parfois de demander pardon aux personnes que nous avons blessées.
Et parfois, cela implique de réparer ce qui peut être réparé.
Le repentir n’est donc pas seulement une émotion.
C’est une décision.
Le désir de devenir son propre maître
L’un des thèmes les plus profonds de ce récit est le désir humain de décider seul de tout.
L'être humain veut parfois être son propre maître absolu.
Il veut décider :
« Voici ce qui est bien. »
« Voici ce qui est mal. »
« Voici ce que je veux. »
« Personne ne peut me dire quoi faire. »
Mais si chaque personne devient sa propre autorité absolue, le monde devient rapidement un lieu de conflit.
Ce que je considère comme juste peut entrer en contradiction avec ce que tu considères comme juste.
La Bible nous rappelle donc une vérité :
nous ne sommes pas Dieu.
Nous avons besoin d’une sagesse plus grande que la nôtre.
Nous avons besoin de limites.
Nous avons besoin d’humilité.
Nous avons besoin d’apprendre.
Le bien et le mal ne sont pas de simples inventions
Le récit de la Genèse suppose que le bien et le mal sont réels.
Cela signifie que la vie morale n’est pas simplement une question de préférence personnelle.
Nous pouvons préférer le mensonge.
Nous pouvons préférer l’égoïsme.
Nous pouvons préférer la vengeance.
Mais le fait de préférer quelque chose ne le rend pas bon.
Une société saine a besoin de justice.
Une famille saine a besoin de vérité.
Une relation saine a besoin de fidélité.
Un cœur sain a besoin d'humilité.
La Bible appelle donc l'être humain à apprendre à discerner le bien et à le choisir.
L’homme et la femme
Le récit ne présente pas l’homme et la femme comme des êtres sans valeur après la chute.
Ils demeurent des êtres humains créés par Dieu.
La désobéissance ne supprime pas leur dignité.
C’est une distinction essentielle.
Une personne peut faire quelque chose de terrible sans cesser d’être une personne.
Cela ne signifie pas que son acte est insignifiant.
Cela signifie que la justice et la dignité doivent être maintenues ensemble.
Nous devons pouvoir dire :
« Ce que tu as fait est mauvais. »
sans nécessairement dire :
« Tu n’as plus aucune valeur. »
C’est une distinction qui peut transformer nos familles, nos communautés et notre manière de traiter les autres.
La vie en dehors du jardin
Adam et Ève quittent le jardin.
À partir de ce moment, la vie devient plus difficile.
Mais la vie continue.
Ils ont une famille.
Ils travaillent.
Ils connaissent la naissance et la mort.
Ils connaissent la joie et la douleur.
Le monde n’est plus comme avant, mais Dieu n’a pas cessé d’être Dieu.
Cela nous enseigne une chose très importante :
vivre dans un monde brisé ne signifie pas vivre dans un monde sans Dieu.
Nous connaissons aujourd’hui la maladie, l’injustice, la violence, la perte et la mort.
Mais nous connaissons aussi l’amour, l’amitié, la beauté, la naissance, le pardon, la solidarité et la bonté.
La présence du mal ne signifie pas que toute bonté a disparu.
La lecture chrétienne : Adam et le Christ
Dans les écrits de Paul, particulièrement dans Romains 5 et 1 Corinthiens 15, Adam est mis en relation avec Jésus.
Cette lecture voit un contraste profond.
Adam désobéit.
Jésus obéit.
Adam est associé à l’entrée de la mort.
Jésus est associé à la résurrection et à la vie.
Adam est dans un jardin où il doit faire confiance.
Jésus est confronté à la tentation et demeure fidèle.
Adam se cache.
Jésus se donne.
Ainsi, le récit d’Adam devient le début d’une grande histoire qui trouve son accomplissement dans la réconciliation avec Dieu.
Dans cette compréhension, Jésus n’est pas simplement un enseignant moral.
Il vient restaurer une relation qui a été brisée.
La croix montre la gravité du péché.
Mais elle montre aussi la profondeur de l’amour de Dieu.
La résurrection proclame que la mort n’a pas le dernier mot.
Une autre manière de comprendre la faute d’Adam
Il faut également reconnaître que toutes les traditions ne comprennent pas la faute d’Adam de la même manière.
Une grande partie de la théologie chrétienne a développé l’idée que la chute d’Adam a des conséquences profondes pour toute l’humanité et qu’elle permet de comprendre pourquoi l’être humain a besoin du salut.
Dans la pensée juive, l’accent est souvent placé davantage sur la responsabilité personnelle, le choix moral, la repentance et la possibilité de revenir vers Dieu.
Cela signifie qu’il faut éviter une simplification.
La Bible est étudiée depuis des milliers d’années.
Les lecteurs ont posé des questions différentes et ont développé différentes explications.
Pour quelqu’un qui commence, l’essentiel est de voir les grands thèmes du texte :
Dieu crée.
Dieu donne.
Dieu commande.
L’être humain choisit.
La tentation apparaît.
La désobéissance produit des conséquences.
L’être humain se cache.
Dieu appelle.
L’être humain doit répondre.
Le chemin du repentir reste possible.
Ces thèmes sont fondamentaux.
La question de la mort
Le récit de Genèse 3 est également lié à la question de la mort.
L'être humain avait été créé pour vivre dans le jardin.
Après la désobéissance, il est éloigné de l’arbre de vie.
La mort devient une réalité fondamentale de l’existence humaine.
Cela nous rappelle que nous ne sommes pas invincibles.
Nous avons tendance à vivre comme si nous avions toujours du temps.
Mais nous ne savons pas combien de jours nous avons.
La sagesse biblique nous appelle donc à vivre correctement aujourd’hui.
Ne remettons pas éternellement l’amour à demain.
Ne remettons pas le pardon à demain.
Ne remettons pas la repentance à demain.
Ne remettons pas la réconciliation à demain.
La vie est précieuse précisément parce qu’elle est limitée.
Pourquoi cette histoire nous concerne
Peut-être que quelqu’un pourrait demander :
« Pourquoi devrais-je me préoccuper d’Adam et Ève ? »
Parce que nous reconnaissons leur histoire dans la nôtre.
Nous connaissons la tentation.
Nous connaissons les mauvais choix.
Nous connaissons la honte.
Nous connaissons les excuses.
Nous connaissons la peur.
Nous connaissons le désir.
Nous connaissons le conflit.
Nous connaissons la souffrance.
Nous connaissons le besoin de pardon.
Nous connaissons également le désir de recommencer.
Adam et Ève sont donc comme un miroir.
Lorsque nous les regardons, nous devons finalement regarder notre propre cœur.
Où se trouve notre propre « jardin » ?
Nous avons tous des domaines de notre vie où Dieu nous demande de choisir.
Dans nos relations.
Dans notre travail.
Dans notre argent.
Dans notre sexualité.
Dans notre manière de parler.
Dans notre manière de traiter les personnes faibles.
Dans notre manière de gérer notre colère.
Dans notre utilisation du pouvoir.
Dans nos pensées.
Dans nos choix lorsque personne ne nous regarde.
La question est toujours la même :
« Vais-je faire confiance à Dieu ? »
Ce n’est pas toujours facile.
Parfois nous ne comprenons pas pourquoi une limite existe.
Parfois nous voulons quelque chose tellement fort que nous cherchons une justification.
Mais la foi signifie parfois :
« Je ne comprends pas tout, mais je choisis de faire confiance à Dieu. »
La tentation de blâmer les autres
L’une des leçons les plus pratiques du récit est notre tendance à accuser les autres.
Dans un mariage, cela peut être :
« Tout est de ta faute. »
Dans une famille :
« C’est à cause de lui. »
Au travail :
« C’est mon collègue. »
Dans la société :
« Ce sont toujours les autres. »
Dans notre vie spirituelle :
« Dieu ne m’a pas donné ce qu’il me fallait. »
Mais tant que nous sommes uniquement occupés à trouver un coupable, nous ne regardons pas notre propre cœur.
La maturité commence avec une question différente :
« Quelle est ma responsabilité dans cette situation ? »
Cette question peut être difficile.
Mais elle peut aussi ouvrir la porte au changement.
La tentation de se cacher
Adam et Ève se cachent parmi les arbres.
Nous avons nos propres arbres.
Certaines personnes se cachent derrière l’humour.
D’autres derrière leur travail.
D’autres derrière leur argent.
D’autres derrière leur apparence.
D’autres derrière une vie religieuse.
D’autres derrière leur colère.
D’autres derrière le silence.
Mais Dieu voit derrière toutes ces choses.
Il ne demande pas :
« Quelle image veux-tu montrer aux autres ? »
Il demande :
« Où es-tu réellement ? »
Cette question demande du courage.
Parce qu’elle nous oblige à être honnêtes.
Dieu ne demande pas une perfection immédiate
Quelqu’un qui commence à suivre Dieu peut penser :
« Je dois d’abord devenir parfait. Ensuite je pourrai m’approcher de Dieu. »
Mais l’histoire biblique nous montre précisément des êtres humains imparfaits qui sont appelés par Dieu.
Nous n’approchons pas de Dieu parce que nous avons déjà tout réussi.
Nous nous approchons parce que nous avons besoin de lui.
La personne qui dit :
« J’ai besoin de Dieu »
est souvent beaucoup plus proche de la vérité que celle qui dit :
« Je n’ai besoin de personne. »
L’humilité ouvre une porte.
La miséricorde ne nie pas la justice
Il faut également éviter une autre erreur.
Dire que Dieu est miséricordieux ne signifie pas que Dieu considère le mal comme insignifiant.
Le mal fait des victimes.
Le mensonge détruit la confiance.
La violence détruit des vies.
L'infidélité détruit des relations.
L'injustice détruit des communautés.
Le péché produit des conséquences.
La miséricorde biblique ne dit pas :
« Cela n’avait aucune importance. »
Elle dit :
« Cela était grave, mais le mal n’a pas besoin d’avoir le dernier mot. »
C’est une différence essentielle.
Le chemin du retour
Après avoir quitté le jardin, l’humanité continue son histoire.
Et toute la Bible devient, d’une certaine manière, une longue histoire de retour.
Retour vers Dieu.
Retour vers la justice.
Retour vers la fidélité.
Retour vers la vérité.
Retour vers la miséricorde.
Les prophètes appellent constamment le peuple à revenir.
Le repentir devient un chemin.
La prière devient un chemin.
La justice devient un chemin.
La fidélité devient un chemin.
Et dans la foi chrétienne, ce chemin trouve son centre dans Jésus.
Jésus et la restauration
Pour la foi chrétienne, la question n’est pas seulement :
« Comment pouvons-nous éviter de refaire l’erreur d’Adam ? »
La question devient également :
« Comment Dieu restaure-t-il l’humanité ? »
La réponse se trouve en Jésus-Christ.
Il enseigne l’amour de Dieu.
Il appelle au repentir.
Il pardonne.
Il guérit.
Il accueille ceux qui sont rejetés.
Il confronte l’hypocrisie.
Il accepte de souffrir.
Il meurt sur la croix.
Et il ressuscite.
Ainsi, la croix devient le lieu où le sérieux du péché et la profondeur de la grâce se rencontrent.
La résurrection devient l’annonce que la mort n’est pas la fin.
Le jardin perdu et le jardin retrouvé
Il existe une magnifique image qui traverse toute la Bible.
Au commencement, nous trouvons un jardin.
À la fin de l’histoire biblique, dans l’Apocalypse, nous retrouvons l’image de l’arbre de vie et d’une création restaurée.
Entre les deux se trouve toute l’histoire de l’humanité :
la chute,
les conflits,
les promesses,
les alliances,
les prophètes,
les appels à la repentance,
les échecs,
les actes de foi,
et finalement, pour la foi chrétienne, Jésus-Christ.
C’est pourquoi le message biblique n’est pas simplement :
« Nous avons perdu le paradis. »
C’est aussi :
« Dieu travaille à restaurer ce qui a été brisé. »
Une leçon pour nos familles
Adam et Ève nous enseignent également quelque chose sur la vie familiale.
Au début, ils sont ensemble.
Après la désobéissance, ils commencent à se renvoyer la responsabilité.
C’est ce qui arrive souvent dans nos familles.
Quand une relation est en crise, chacun veut prouver :
« C’est lui qui a commencé. »
« C’est elle qui a fait cela. »
« Ce n’est jamais ma faute. »
Mais une relation ne peut pas être restaurée par deux personnes qui refusent de reconnaître leur propre part.
Il faut parfois qu’une personne ait le courage de dire :
« J’ai eu tort. »
Ces mots sont difficiles.
Mais ils peuvent sauver une relation.
Une leçon pour ceux qui ont honte
Peut-être qu’une personne qui écoute ce message pense :
« Dieu ne pourrait jamais me pardonner. »
Mais souvenons-nous :
Adam et Ève ont péché.
Ils ont eu peur.
Ils se sont cachés.
Ils ont essayé de se justifier.
Et pourtant Dieu est venu vers eux.
Cela ne signifie pas que Dieu a déclaré leur désobéissance bonne.
Cela signifie que leur échec n’a pas mis fin à leur relation avec lui.
Il y a une différence entre :
« J’ai échoué »
et
« Je suis définitivement sans espoir. »
La première peut devenir le début du repentir.
La seconde devient un piège.
Une leçon pour ceux qui pensent être trop loin
Peut-être que quelqu’un a passé des années loin de Dieu.
Peut-être qu’il a vécu selon ses propres désirs.
Peut-être qu’il a fait des choix qu’il regrette.
Peut-être qu’il pense :
« Il est trop tard. »
Mais le message du jardin nous rappelle que Dieu continue d’appeler.
La question n’est pas :
« Pourquoi as-tu attendu si longtemps ? »
La première question est :
« Où es-tu ? »
Et si tu peux répondre honnêtement, alors un chemin peut commencer.
Une leçon pour ceux qui pensent tout savoir
Le récit parle également à ceux qui pensent ne plus avoir besoin d'apprendre.
Nous pouvons connaître beaucoup de choses.
Nous pouvons avoir étudié la Bible.
Nous pouvons connaître des prières.
Nous pouvons connaître des traditions.
Nous pouvons avoir beaucoup d’expérience.
Mais nous devons toujours rester humbles.
La sagesse commence lorsque nous reconnaissons que nous ne sommes pas Dieu.
Nous pouvons nous tromper.
Nous pouvons mal interpréter.
Nous pouvons avoir besoin d’être corrigés.
La vraie sagesse ne consiste pas à avoir réponse à tout.
Elle consiste à savoir à qui faire confiance.
Que devons-nous faire aujourd’hui ?
Alors, que faisons-nous de cette histoire ?
Premièrement :
Reconnaissons que la vie est un cadeau.
Ne prenons pas pour acquis ce que nous avons reçu.
Deuxièmement :
Acceptons les limites.
Toutes les limites ne sont pas des prisons.
Certaines sont des protections.
Troisièmement :
Apprenons à reconnaître la tentation.
Elle ne vient pas toujours sous une forme évidente.
Quatrièmement :
Prenons nos responsabilités.
Arrêtons de toujours chercher quelqu’un à accuser.
Cinquièmement :
Ne nous cachons pas de Dieu.
Venons à lui avec honnêteté.
Sixièmement :
Pratiquons le repentir.
Reconnaissons le mal et changeons de direction.
Septièmement :
Cherchons à réparer.
Lorsque nous avons blessé quelqu’un, faisons ce qui est possible pour restaurer.
Et enfin :
Gardons l’espérance.
Notre faute n’a pas besoin d’être la dernière phrase de notre histoire.
La grande question
Après avoir étudié Adam et Ève, une question demeure.
Elle n’est pas seulement :
« Qu’est-ce qu’Adam a fait ? »
Elle est :
« Que vais-je faire de ma liberté ? »
Vais-je vivre seulement pour mes désirs ?
Vais-je croire que tout ce que je veux est nécessairement bon ?
Vais-je faire de moi-même le centre de l’univers ?
Ou vais-je apprendre à faire confiance à Dieu ?
Vais-je reconnaître mes erreurs ?
Vais-je demander pardon ?
Vais-je pardonner ?
Vais-je chercher la justice ?
Vais-je choisir l’humilité ?
Vais-je écouter lorsque Dieu m’appelle ?
Conclusion : « Où es-tu ? »
Chers frères et sœurs,
L’histoire d’Adam et Ève commence dans un jardin.
Un jardin rempli de vie.
Puis vient la tentation.
Puis la désobéissance.
Puis la honte.
Puis la peur.
Puis les excuses.
Puis le jugement.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là.
Dieu continue de parler.
Dieu continue de chercher.
Dieu continue d’appeler.
Et c’est peut-être la partie la plus importante pour nous aujourd’hui.
Dieu demande :
« Où es-tu ? »
Peut-être que tu es proche.
Peut-être que tu es loin.
Peut-être que tu es dans la confusion.
Peut-être que tu es dans la honte.
Peut-être que tu portes une faute secrète.
Peut-être que tu as abandonné la prière.
Peut-être que tu ne sais même pas encore si tu crois en Dieu.
Mais la question demeure :
« Où es-tu ? »
Ne réponds pas en te cachant.
Ne réponds pas par une excuse.
Ne réponds pas en accusant quelqu’un d’autre.
Réponds avec vérité.
Tu peux dire :
« Me voici. »
« J’ai besoin de comprendre. »
« J’ai besoin de changer. »
« J’ai besoin de ton pardon. »
« J’ai besoin de ta sagesse. »
« J’ai besoin de revenir vers toi. »
Et si tu crois en Jésus-Christ, tu peux également placer ton espérance dans celui qui, selon la foi chrétienne, est venu restaurer la relation entre Dieu et l’humanité.
Adam représente l’être humain qui désobéit.
Jésus représente celui qui demeure fidèle.
Adam est associé à la mort.
Jésus est associé à la vie.
Adam se cache.
Jésus appelle.
Et l’histoire qui commence avec un jardin perdu se dirige vers l’espérance d’une création restaurée.
Alors ne repartons pas seulement avec la pensée :
« Adam et Ève ont fait une erreur. »
Repartons avec une question personnelle :
« Où suis-je aujourd’hui ? »
Suis-je en train de me cacher ?
Suis-je en train de justifier mes choix ?
Suis-je en train de laisser mes désirs gouverner ma vie ?
Suis-je prêt à reconnaître la vérité ?
Suis-je prêt à revenir vers Dieu ?
Car le but de cette histoire n’est pas seulement de nous faire regarder vers le passé.
Elle nous invite à regarder notre propre cœur.
Et elle nous rappelle que même lorsque l’être humain s’éloigne, Dieu continue d’appeler.
Alors, si tu es tombé, relève-toi.
Si tu as péché, repente-toi.
Si tu as blessé quelqu’un, cherche à réparer.
Si tu as peur, ne te cache pas.
Si tu es loin, reviens.
Si tu es confus, cherche.
Et si tu ne sais pas encore quoi croire, commence simplement par cette prière :
« Dieu, montre-moi la vérité.
Montre-moi qui tu es.
Montre-moi qui je suis.
Apprends-moi à choisir le bien.
Apprends-moi à reconnaître mes erreurs.
Apprends-moi à vivre avec sagesse.
Et conduis-moi sur ton chemin. »
Amen.
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